A Mulhouse, les magistrats manifestent contre «une justice en danger»
Article paru dans DNA.fr édition du 9 mars 2010, par Alain CHEVAL
A Mulhouse, les magistrats manifestent contre «une justice en danger»
Une vingtaine de syndicats de magistrats, avocats, personnels judiciaires et pénitentiaires ont appelé à manifester aujourd’hui à Paris dans un mouvement unitaire sans précédent. A Mulhouse, ils étaient une centaine (avocats, magistrats) a soutenir le mouvement et à observer une grève des audiences.
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A l’unisson et ce n’était pas arrivé depuis l’an 2000… avocats du barreau, magistrats du siège et du parquet et l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire se sont retrouvés hier matin dans les escaliers du palais de justice pour une photo de famille.
Tous à l’unanimité s’insurgent contre la «casse» de la justice. Plusieurs mesures sont critiquées par les manifestants : la suppression du juge d’instruction, la modification du délai de prescription pour les abus de biens sociaux, la diminution drastique des moyens, la réorganisation de la garde à vue.
Dans un communiqué court, Marie-Thérèse Stahl, le nouveau bâtonnier a souligné que le barreau de Mulhouse avait décidé lors de son conseil de l’ordre extraordinaire de s’associer à la journée unitaire nationale de mobilisation avant de lancer un : «La justice est en danger. Unissons-nous».
La France loin derrière l’Arménie, la Moldavie et la Roumanie
Par ce mouvement de grève le barreau de Mulhouse entend dénoncer «la pauvreté des moyens du ministère de la Justice qui prive les justiciables d’un accès normal au juge, de l’assistance d’un avocat et de certains services des auxiliaires de la justice. Le projet de réforme de la procédure pénale qui ne répond pas aux exigences constitutionnelles et conventionnelles de respect du procès équitable et des droits de la défense». Et enfin, dans un dernier point Marie-Thérèse Stahl au nom des avocats a fustigé «l’avalanche de textes nouveaux, souvent redondants, adoptés sans réelle concertation et au gré des faits divers».
Pour sa part Jacques Bourguignon, le doyen des juges d’instruction a déploré le délabrement de la justice française. «En 2008, la commission européenne pour l’efficacité de la justice a procédé à une étude comparative des systèmes judiciaires en Europe. La France est classée, quel que soit le critère retenu, dans le peloton de queue loin derrière l’Arménie, la Moldavie et la Roumanie. Elle est notamment 35e sur 47 pour le nombre de juges et 38e sur 41 pour le nombre de greffiers par juge. La question des effectifs est tellement préoccupante que le fonctionnement de certains services est en voie d’être paralysé».
A Strasbourg, les deux audiences correctionnelles ont été renvoyées, après que le président eut expliqué au public l’inquiétude des magistrats face à la réforme de la procédure pénale.
Alain Cheval
























